Un projet pour les habitants

Un projet pour les habitants

La Communauté de Communes a présenté, lors d’une réunion publique ce mardi 10 octobre à Vallières, son projet de territoire à l’horizon 2050 tel qu’elle le conçoit.

Ce projet s’appuyait sur deux travaux : une étude d’image et le PADD du plan local d’urbanisme intercommunal en cours d’élaboration.

Cette étude d’image a été longuement présentée mais le projet ambitieux qui devait être développé est demeuré flou. Le public présent aura peiné à en cerner les contours.

Le Maire de Rumilly, Pierre BECHET, est intervenu à l’issue des interventions pour exprimer le positionnement différent de la Ville de Rumilly.

Cette réunion aura en effet permis de mettre en évidence les divergences profondes entre la Communauté de Communes et la Ville de Rumilly sur le projet de territoire.

L’étude d’image

Pour bien comprendre, et en particulier les réactions qu’elle suscite, il s’agirait de prendre connaissance de l’étude et de la teneur du projet. L’étude détaillée, sous la forme d’un document de 56 pages, a été présentée lors d’une réunion du bureau de la Communauté de Communes le 4 septembre 2017. Aucun document public de cette étude n’est disponible à l’heure où nous écrivons, seule une synthèse édulcorée a été distribuée à l’issue de la réunion publique.

Les idées phares issues de l’étude d’image :

  • Construire un bâtiment en hauteur à proximité de la gare de Rumilly, à très haute qualité architecturale. Visible et au sommet de laquelle on voit loin, elle deviendrait emblématique pour conférer au territoire une attractivité régionale, voire européenne, qui aurait le potentiel de concurrencer l’attractivité d’Annecy et Aix-les-Bains.
  • Investir plus fortement en communication et créer un évènement sportif ou culturel à très fort retentissement, pour que ses habitants soient fiers de leur territoire.
  • Un positionnement politique en opposition à l’égard de nos voisins d’Annecy et Aix-les-Bains.

Finalement, cette étude d’image et le projet de territoire qui en découle n’apporte aucune réponse aux questions essentielles de savoir comment les habitants vont vivre à l’avenir, comment ils cohabiteront, où et comment ils vont travailler, se soigner, faire leurs courses, éduquer leurs enfants, où se distraire, à Vallières, à Rumilly, à Annecy, à Aix-les-Bains, à Genève ou à Lyon.

Ce n’est qu’un simple dépliant de promoteur immobilier destiné à de futurs candidats à l’installation.

Elle ne sert à rien dans notre tentative d’imaginer un avenir à nos concitoyens.

Ce n’est pas le cas du Plan d’Aménagement et de Développement Durable, le fameux PADD, de notre PLU intercommunal en cours d’élaboration.

Le Plan d’aménagement et développement durable (PADD)

Fruit d’un travail collectif des 18 communes, où les élus de la Ville de Rumilly ont activement participé, l’élaboration du PLU intercommunal a bien avancé et dans un sens commun qui fait consensus.

Ce document établit clairement que notre avenir passe par le développement d’un territoire d’équilibre entre la ville et la campagne.

« Un territoire d’équilibre et complémentaire, entre une ville et sa campagne.

La ville proposant à la population tous les services modernes qu’elle est en droit d’attendre en matière d’emploi, de logement, d’éducation, de commerce ou de loisirs… mais aussi d’hôpital de proximité, de crèches ou de maisons de retraites…

La campagne dotée d’une agriculture dynamique et productive, garante  de la préservation des espaces naturels et du cadre de vie, ces espaces étant aujourd’hui gravement menacés par l’urbanisation galopante de la Haute-Savoie.

Mais de plus, un territoire affirmant une vraie polarité dans l’espace savoyard. »

Le PADD n’est toutefois pas suffisant pour constituer un projet de territoire complet. Quand on a bâti un cadre, on n’a pas dessiné le tableau, qui est d’imaginer comment nos concitoyens vont vivre dans 10, 20 ou 30 ans.

C’est à partir de ce cadre que doit être bâti notre projet de territoire.

 

 

Le positionnement de la Ville de Rumilly

Cette contribution officielle au débat résume les réflexions et les positions de la Ville de Rumilly, défendues à de multiples reprises depuis trois ans au sein des instances de la Communauté de Communes.

Ce ne sont pas les idées isolées de Pierre BECHET, mais bien celles du Maire de Rumilly légitimement et dûment mandaté pour les défendre par ses électeurs à la suite d’élections municipales où elles figuraient dans le programme de campagne de son groupe (point n° 2 du contrat en 10 points : volet intercommunal).

Le constat

La Ville de Rumilly et les 15 000 habitants qui la composent  – la moitié des habitants du territoire – rencontrent des problèmes semblables aux autres communes mais aussi des problèmes spécifiques aux villes comme ses voisines d’Annecy ou d’Aix-les-Bains.

Ce sont le plus souvent des problèmes d’ordre social ou sociologique.

Des problèmes tels que :

  • Les logements, la mixité sociale et la gestion des cités HLM,
  • Une jeunesse souvent en grande difficulté,
  • Des problématiques de communautés ethniques et religieuses,
  • Des problèmes d’insécurité de toutes sortes,
  • Des déplacements de plus en plus compliqués,
  • Des équipements et infrastructures de plus en plus difficiles à construire.

Bref, une ville en recherche permanente d’équilibres sociaux et sociologiques. Or, aujourd’hui, des indicateurs montrent que ceux-ci sont gravement menacés sur Rumilly :

  • Le revenu moyens de ses habitants : un écart, pourtant déjà notoire, se creuse entre le revenu de nos habitants et le revenu moyen des habitant de la Haute-Savoie et on assiste à une paupérisation de notre population.
  • Le pourcentage de nos habitants propriétaires de leur logement : il diminue malgré une politique volontariste en faveur de l’accession et une pause dans la construction de logements sociaux.
  • Le nombre de jeunes en grande difficulté, accompagnés par les services sociaux ou la prévention spécialisée : il ne cesse de croitre.
  • Le pourcentage de nos habitants qui travaillent sur la commune ou sur le territoire : il est en diminution constante.

Ces indicateurs démontrent clairement qu’est engagé dans le Grand bassin Annécien le phénomène naturel de création des banlieues, à savoir le rejet vers les périphéries de tout ce que le centre ne peut ou ne veut plus accepter, en particulier les populations les plus pauvres et les plus défavorisées, bref les plus en difficulté.

Peut-on espérer agir seuls sur toutes ces problématiques ?

La Ville de Rumilly pense que NON.

Les solutions

Pour en trouver, il est temps de définir ce qui doit être géré au plus près du citoyen au niveau des communes et ce qui doit être géré à une échelle plus pertinente avec nos voisins.

La gestion de la proximité

Il est indispensable de gérer, dans nos communes, au plus près des citoyens : l’état civil, les écoles, les crèches, les comités d’action sociale, le sport, la culture et le soutien à nos associations.

Pour cela, il nous faut retrouver des moyens. Avec la baisse des dotations de l’Etat, depuis 2012, notre Commune a perdu 2 M € de recettes dans son budget annuel, autant que le reste du territoire.

Nous ne pourrons pas continuer à assumer ces compétences de proximité sans regrouper nos moyens financiers et administratifs.

Concrètement, il faut fusionner nos Communes pour en constituer de plus fortes, plus efficientes et plus aptes à gérer les compétences de proximité.

La gestion des grands intérêts

Pour le reste comme la répartition sociale de la population, comme le développement économique, l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau et des déchets, les transports et les déplacements, la qualité de l’air et l’écologie, il doit être traité à l’échelle du grand territoire que constitue le sud de la Haute-Savoie, c’est-à-dire le bassin annécien.

Un rapprochement pour définir les conditions à partir desquelles nous pourrons participer à cette gestion globale de ces problématiques est urgent à engager.

La Ville de Rumilly est impuissante aujourd’hui pour gérer ces problèmes, en particulier ceux concernant les flux de population à travers lesquels son avenir est en train de se dessiner malgré elle.

C’est pourquoi la Ville de Rumilly ne pourra en aucun cas valider un projet de territoire qui la positionne comme autonome, voire en opposition avec les villes voisines à échéance de 10, 20 ou 30 ans. C’est pour elle le plus sûr moyen de disparaître en continuant à évoluer vers un destin de banlieue du bassin annécien.