Vers un Chéran “sauvage”

Vers un Chéran “sauvage”

Pour rendre au cours d’eau sa continuité écologique, un premier seuil artificiel va être supprimé sur le Chéran.

Sur le Chéran, trois ouvrages artificiels existent en aval du seuil naturel de Banges situé sur la commune d’Allèves : l’un situé au niveau du quartier de l’Aumône, l’autre près de l’usine Nestlé et un troisième sur la commune d’Alby-sur-Chéran.
Le seuil de l’usine Nestlé sera le premier à être supprimé. Les travaux sont engagés et devraient se terminer fin octobre. Vestige du passé industriel pour la fabrication du lait Mont-Blanc, il n’a aujourd’hui plus d’utilité pratique et la société est tenue de rétablir la continuité écologique de la rivière.

Qu’est-ce que la continuité écologique ?

La continuité écologique, dans une rivière, c’est la possibilité de circulation des espèces animales (continuité piscicole) et le bon déroulement du transport des sédiments (continuité sédimentaire). La continuité écologique est une des conditions nécessaires pour l’obtention du label « Rivières sauvages » qui est recherché pour le Chéran. Le projet “d’effacement”, c’est-à-dire de suppression des ouvrages, est engagé pour les trois seuils.
Dans la même logique, afin de garantir la continuité piscicole, le syndicat mixte interdépartemental d’aménagement du Chéran (SMIAC) a entrepris des travaux début septembre pour réaménager la passe à poisson du seuil de la Capetaz à Alby-sur-Chéran.

Un chantier très contraint

L’effacement du seuil de l’usine Nestlé sera réalisé en trois phases :

  • en octobre 2016, il sera procédé à l’arasement total du seuil,
  • en mars 2017, toutes les anciennes machineries encore présentes seront retirées et il sera décidé ou non de la suppression totale ou partielle du mur de l’ancienne station de pompage,
  • Enfin, 2018 aura pour objet le réaménagement des berges du Chéran pour améliorer leur stabilité, leur accessibilité, et la connexion des boisements de berges.

Les travaux sur les cours d’eau répondent à des contraintes particulières liées aux exigences environnementales et réglementaires imposent de réaliser l’essentiel des travaux quand le cours d’eau est au plus bas, avant le 31 octobre 2016 ou après le 31 mars, pour respecter le cycle complet de reproduction des truites sauvages. L’accessibilité au site par la base de loisirs du plan d’eau est également délicate du fait des engins à fort tonnage qui interviennent sur place. Ce qui implique la prise en compte d’une bonne remise en état après travaux (piste cyclable, usages des lieux : sport, pêches, natures…). Enfin, les travaux ne sont possibles que si les conditions météorologiques restent bonnes, pour que le débit reste faible, ce qui est le cas actuellement.

L’entreprise choisie adaptera autant que possible son temps de travail journalier hors week-end sur le siteCette plage horaire étendue pourrait créer des désagréments pour les riverains et usagers de la base de loisirs du plan d’eau et la bienveillance de chacun eu égard aux contraintes sera appréciée. L’objectif reste de terminer les travaux dans les temps impartis et de redonner l’accès du site au public au 31 octobre prochain, et surtout éviter de prolonger ce chantier jusqu’en août 2017, période où le cours d’eau rejoint habituellement son débit le plus bas.