La faune du refuge

Les milieux très variés qui composent le refuge de la base de loisirs du plan d’eau, d’environ 40 hectares, constituent un bel espace d’observation.

Le harle bièvre

Pour inciter le harle bièvre à se reproduire sur le site, les menuisiers de la Ville ont fabriqué des nichoirs en bois de grande dimension perchés à 4-5 mètres de hauteur sur les bords du Chéran par des bénévoles de la LPO.

3-8-2-1-harle bievreLe harle bièvre est un canard quelque peu atypique puisque c’est le seul oiseau d’eau de nos régions à nicher en hauteur, dans les cavités qu’offrent les vieux arbres ou certains bâtiments. Cet oiseau piscivore se reconnait à son long bec fin, en dent de scie, qui possède une extrémité crochu. Le mâle a la tête vert foncé et le dos noir tandis que la femelle a la tête brune et le dos gris. Au printemps, la femelle pond généralement entre 7 et 14 oeufs. Après une couvaison d’un mois elle incite ses petits tout juste âgés d’un ou deux jours à quitter le nid puis les mène jusqu’à l’eau, les portant parfois sur son dos. La Haute-Savoie abrite la majeure partie de la population française de harle bièvre, qui se concentre principalement sur les rives du lac Léman mais aussi sur les plans d’eau et rivières du département. C’est donc ici qu’il faut agir pour favoriser cette espèce emblématique.

 

 Deux mares pour la reproduction des amphibiens 

Selon les prescriptions de la LPO, la Ville de Rumilly a organisé à l’automne 2014 un chantier participatif pour la création de deux mares sur la base de loisirs du plan d’eau. L’objectif : recréer des milieux favorables à la reproduction des amphibiens et notamment du crapaud sonneur à ventre jaune (action 47 du Plan communal de développement durable : faire de la zone naturelle du plan d’eau un refuge pour la biodiversité). 

3-8-2-1-crapeau ventre jaune Crapaud sonneur à ventre jaune

Le 5 juin 2015, lors d’une animation menée dans le cadre la Semaine du développement durable, et pour le plus grand plaisir des visiteurs, le crapaud sonneur à ventre jaune, batracien considéré comme vulnérable, en régression à l’échelle nationale, a fait son apparition quelques mois après la création des mares. Une autre espèce, la grenouille verte, était également au rendez-vous ! Le crapaud sonneur est reconnaissable grâce à sa face ventrale jaune tachetée de noir, mais aussi par sa pupille en forme de cœur. Il est très important de respecter la tranquillité de cette faune extraordinaire, sa présence est une chance et la toucher la rendrait vulnérable. Si la nature vous fait le cadeau d’aller à la rencontre de ces crapauds, ou de ces grenouilles, ne les prenez pas dans vos mains mais découvrez-les avec des jumelles ou avec le zoom de votre appareil photo ou smartphone.

 

Le Lézard vert occidental Lacerta bilineata

Ce reptile peu connu peuple pourtant largement l’Albanais. Il n’est pas rare de le voir impressionner les promeneurs à la base de loisirs du plan d’eau. Pas de panique ! Malgré sa taille imposante et ses couleurs vives, c’est un reptile timide, discret et totalement inoffensif.

© Jean Bisetti

Il se différencie notamment de son cousin plus commun le Lézard des murailles Podarcis muralis par sa taille imposante : jusqu’à 40 cm avec la queue, de quoi impressionner au premier abord ! Le mâle adulte arbore une couleur vert vif ponctué par des petites taches noires réparties uniformément sur le corps. Durant la saison de reproduction, il revêt une couleur bleu vif sur le menton et la gorge, pouvant s’étendre parfois jusqu’aux yeux. Les femelles peuvent présenter des robes plus variées : si le fond est toujours vert (terne à vif), leurs tâches noires sont plus ou moins étendues et peuvent parfois former des lignes dorsales soulignées de blanc.

Actif dès le printemps, l’espèce se reproduit vers la fin du mois d’avril. Une fois l’accouplement terminé, le couple ne se sépare pas pour autant : le mâle garde jalousement la femelle durant plusieurs jours, la suivant partout et n’hésitant pas à repousser les autres mâles qui tenteraient de se reproduire avec elle. Les jeunes sont visibles dès le mois d’août.

C’est souvent lors d’une balade en plaine que les promeneurs ont la surprise de croiser l’élégant lézard vert. S’il ne s’approche guère des habitations, c’est qu’il préfère les pelouses sèches, haies, talus enherbés et lisières où il peut chasser calmement les insectes et mollusques qui constituent son régime alimentaire. En raison de l’urbanisation massive et de la modification des pratiques agricoles, ces milieux tendent cependant à régresser, mettant en danger les populations de Haute-Savoie. C’est ainsi que l’espèce a été classée « quasi-menacée » en Haute-Savoie en 2014.

Photos © Jean Bisetti / Avec la contribution de la LPO Haute-Savoie.

Sources :

  • Vacher J.-P & Geniez M. (cords) 2010 – Les reptiles de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope) ; Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 544p.
  • Muratet J. 2015 – Identifier les Reptiles de France métropolitaine. Editions Ecodiv, France, 530p.
  • Birot-Colomb X. 2014 – Reptiles et amphibiens de Haute-Savoie, État des lieux et Plans d’actions, LPO Haute-Savoie, France, 120p.

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